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Le serpent dragon Apophis : dieu du mal et des ténèbres dans la mythologie égyptienne

Dans la mythologie égyptienne, Apophis était un dragon ressemblant à un serpent. Il était l’incarnation vivante du chaos et était le plus grand ennemi des dieux égyptiens et du concept de Ma’at (l’ordre). On considérait Apophis comme l’ennemi ultime du dieu soleil Ra. Pour cette raison, il reçut l’épithète d’Ennemi de Ra, mais aussi celui de Seigneur du Chaos.

En tant que personnification de tout ce qui était mal et ténébreux, Apophis était représenté comme un gigantesque serpent et, plus tardivement, comme un dragon (le « Satan » de la religion chrétienne). Vous voulez en savoir plus sur Apophis ? Poursuivez votre lecture.

Qui est Apophis ?

Apophis, également connu sous les noms Apep, Apepi, Aapep, était la divinité des ténèbres. Il était l’ennemi du soleil lui-même et le souverain des enfers. C’était le gigantesque serpent qui tentait de détruire la barque solaire menée par Ra lors de son passage nocturne à travers le monde souterrain jusqu’à l’horizon.

Apophis fut mentionné pour la première fois au 21e siècle avant notre ère. On le représentait comme le serpent-démon ardent des ténèbres, des tempêtes et des tremblements de terre. Certains textes assimilent Apophis à Seth, la divinité du chaos. Cependant, dans d’autres textes, Seth aide à tuer Apophis.

Description physique d’Apophis

Apophis prend de nombreuses formes dans l’art égyptien. Mais il est toujours terrifiant et laid. Parfois, il s’agit d’un énorme crocodile tordu ou d’un serpent à tête humaine. Cependant, sa forme la plus familière reste celle d’un gigantesque serpent, ou d’une combinaison de crocodile et de serpent. Un mythe prétend qu’à sa naissance, Apophis mesurait 110 mètres de long.

Contrairement aux autres serpents cosmiques, comme Jormungandr dans la mythologie nordique, la forme gigantesque d’Apophis n’est généralement pas enroulée. Son corps ondulait en plis pour engourdir sa proie. L’idée de la forme d’Apophis dérive certainement du python africain. En effet, les pythons adultes peuvent ouvrir suffisamment leur gueule pour avaler une personne. Dans l’iconographie des textes funéraires, pour souligner la taille titanesque d’Apophis, on le dispose en rouleaux étroitement compressés. On le représente également enchaîné, démembré ou mort.

Apophis, dieu du mal et des ténèbres dans l’Égypte antique.
Apophis, dieu du mal et des ténèbres dans l’Égypte antique – FanArt de Lemog Leo

Apophis, le démon-serpent de l’Égypte antique

La naissance d’Apophis

Apophis est souvent supposé être le démon-serpent sans nom qui tenta d’avaler le Noun, l’Océan primordial, avant la Création, mais qui fut obligé de le régurgiter. Le serpent monstrueux incarnait les aspects destructeurs du chaos, menaçant constamment de tout ramener à l’état primitif de singularité ou d’unité. Ainsi, avant même que la Création n’existe, le monde contenait la base de sa propre destruction éventuelle. Selon certains mythes, Apophis n’est ni né, ni créé. Il était simplement une incarnation des forces obscures qui bouillonnaient au sein du Noun.

Au 2e siècle avant notre ère, une histoire alternative de l’existence d’Apophis fut décrite sur le mur du temple d’Esna. La déesse Neth aurait craché dans les eaux primitives et Apophis aurait jailli de sa salive. Une autre représentation alternative montre que Neth était le premier être sur le monticule primordial (ben-ben) et qu’elle donna naissance au soleil, Ra. Celui-ci, aveuglé par son propre éclat, ne pouvait pas voir sa propre mère tandis qu’elle l’appelait. Il versa alors des larmes qui formèrent l’humanité et exerça le principe de dualité : la lumière ne pouvait exister sans l’obscurité. Par conséquent, immédiatement après la création du soleil, l’obscurité, incarnée par Apophis, est née comme l’antithèse de Ra, de ses propres larmes.

Apophis, le Mal incarné

Apophis, par Cristian AC

Contrairement à d’autres divinités, Apophis n’a jamais eu de culte formel ou de vénération populaire. Il représentait toujours un pouvoir contre lequel il fallait se protéger. Dans la mythologie égyptienne, il était le « serpent de la lune » qui émergeait du grand abîme, emplissant le monde souterrain de son horrible rugissement. Apophis demeurait dans les ténèbres et se révoltait contre tout ordre. Il était la plus dangereuses des entités chaotiques et menaçait constamment l’ordre divin. Il est largement admis qu’il continuait d’exister dans un cycle sans fin de bataille, de défaite et de renaissance.

Apophis consumait parfois les âmes des mortels lors de leur voyage entre cette vie et l’au-delà. Il les envoyait dans la non-existence, à moins qu’ils ne soient sauvés par l’une des autres divinités. Cependant, même les dieux n’étaient pas à l’abri de la portée du serpent cosmique. Les divers livres traitant du monde souterrain d’Égypte, comme le Livre des Portes et le Livre des Cavernes, contiennent des cartes détaillées de celui-ci. Elles incluent des représentations de chacune des portes, également appelées heures ou cavernes, avec des centaines de monstres et divinités. Ces livres ont révélé la vulnérabilité dans l’ordre divin en décrivant les épreuves du dieu soleil et de ses compagnons contre les actions d’Apophis.

Symbolisant tous les éléments sombres de l’existence, Apophis représente la mort, la nuit et les tempêtes. Lorsqu’il n’était pas dans le monde souterrain, il vivait profondément dans le Nil. Sa présence expliquait les bancs de sable cachés qui présentaient un danger pour les bateaux naviguant sur le fleuve. Certains événements naturels effrayants étaient directement liés aux actions d’Apophis. Par exemple, l’obscurité soudaine d’une éclipse ou une tempête imminente. Aussi, le mouvement de son corps pouvait créer des tremblements de terre. Et on redoutait particulièrement ses yeux capables d’hypnotiser. Pour cette raison, les hymnes au soleil contiennent des passages où Apophis est transpercé par des lances ou tranché par des couteaux.

Apophis dans le contexte des croyances de l’Égypte ancienne

Les Égyptiens ne vénéraient pas Apophis

En tant que divinité égyptienne, Apophis appartenait à un système de croyances religieuses, mythologiques et cosmologiques qui s’est développé dans le bassin du Nil depuis la préhistoire jusqu’en 525 avant notre ère. C’est en sentant leurs systèmes menacés par des étrangers que nombre des mythes égyptiens, légendes et croyances religieuses ont d’abord été enregistrés.

Les cultes étaient généralement des phénomènes assez localisés, avec différentes divinités ayant une place d’honneur dans différentes communautés. Pourtant, les dieux égyptiens, contrairement à ceux de nombreux panthéons, étaient relativement mal définis. Comme le notent divers historiens, si nous comparons deux dieux égyptiens, nous trouvons non pas deux personnages, mais deux ensembles de fonctions et d’emblèmes. Les hymnes et les prières adressés à ces dieux ne diffèrent que par les épithètes et les attributs utilisés.

Rien n’indique que les hymnes s’adressaient à des individus de caractère différent. L’une des raisons à cela était le fait indéniable que les dieux égyptiens étaient considérés comme totalement immanents. Ils représentaient des éléments particuliers et discrets du monde naturel. Ainsi, ces dieux égyptiens qui ont développé des personnages et des mythologies étaient généralement assez flexibles, car ils pouvaient conserver leurs formes discrètes sans interférer avec les divers cultes déjà pratiqués ailleurs. De plus, cette flexibilité a permis le développement de cultes multipartites. Par exemple, celui d’Amon-Ra, qui unifiait les domaines d’Amon et de Ra, les sphères d’influence de diverses divinités étant souvent complémentaires.

Un système complexe de pratiques et de croyances

La vision du monde engendrée par la religion égyptienne antique était uniquement définie par les réalités géographiques et calendaires de la vie de ses croyants. Les Égyptiens considéraient à la fois l’histoire et la cosmologie comme étant bien ordonnées, cycliques et fiables. En conséquence, tous les changements ont été interprétés soit comme des écarts sans incidence par rapport au plan cosmique, soit comme des transformations cycliques requises par celui-ci.

Le résultat majeur de cette perspective, du point de vue de l’imaginaire religieux, a été de réduire la pertinence du présent. En effet, l’intégralité de l’histoire, conçue de manière cyclique, s’est définie lors de la création du cosmos. Le seul paradoxe dans cette compréhension est la mort, qui semble présenter une rupture radicale avec la continuité.

Pour maintenir l’intégrité de cette vision du monde, un système complexe de pratiques et de croyances vit le jour. Notamment les vastes géographies mythiques de l’au-delà, des textes fournissant des conseils moraux pour cette vie et la suivante, ainsi que des rituels conçus pour faciliter le transport dans l’au-delà. Le but principal de ce système était de souligner la poursuite sans fin de l’existence. Il est donc compréhensible que les contes enregistrés dans ce corpus mythologique aient eu tendance à être soit des récits de création, soit des représentations du monde des morts. Avec un accent particulier sur la relation entre les dieux et leurs constituants humains.

Le développement d’Apophis dans la culture égyptienne

La peur des reptiles

Depuis la préhistoire égyptienne la plus ancienne, on considérait les serpents et autres reptiles avec un mélange de crainte, de peur et de respect. Leur apparence singulière, associée aux dangers inhérents à leurs attaques venimeuses et à leur capacité à « revenir à la vie » après une période d’hibernation, garantissait le respect des Égyptiens. Ceci, probablement en raison de leur cosmologie et théologie naturalistes.

Considérant ces attitudes généralisées et historiquement anciennes envers les serpents, il est probable qu’ils se soient suggérés à l’imagination mythique comme des agresseurs appropriés contre les forces de l’ordre et de la lumière. Selon Budge, dans son livre Les Dieux des Égyptiens (1969), « Apophis, le serpent-démon de la brume, des ténèbres, de la tempête et de la nuit, et ses démons, les Enfants de la Rébellion, n’étaient pas le résultat de l’imagination des Égyptiens dans les temps historiques. Mais leur existence date de la période où l’Égypte était envahie par de puissantes bêtes, d’énormes serpents, et des reptiles nuisibles de toutes sortes ».

Le python d'Afrique, le plus grand serpent du continent mesurant jusqu'à 7 mètres, est certainement à l'origine d'Apophis.
Le python d’Afrique, le plus grand serpent du continent mesurant jusqu’à 7 mètres, est certainement à l’origine d’Apophis dans l’ancienne Égypte.

L’émergence d’Apophis

L’idée qu’Apophis caractérisé comme un antagoniste unique des dieux a émergé au 21e siècle avant notre ère. À cette époque, le panthéon égyptien fusionnait en un hénothéisme gouverné par un dieu solaire. Cette divinité, alternativement identifiée comme Ra, Atoum-Ra, Amon-Ra ou Ra-Horekhty, était considérée comme le créateur de l’univers et le défenseur de Ma’at (ordre). En conséquence, le serpent démoniaque, déjà associé aux ténèbres et au désordre, devint le plus grand ennemi de Ra.

Compte tenu de la compréhension cyclique du temps qui dominait la vision égyptienne du monde, la dispute entre la divinité solaire et le serpent des ténèbres était censée se dérouler chaque jour, de la disparition du soleil au crépuscule à son retour triomphal à l’aube. Cette notion a conduit au développement d’une mythologie impliquée du conflit entre ces forces.

Un récit de création ultérieur aborde explicitement le problème de la théologie. Il affirme qu’Apophis et les forces du chaos et de la confusion qu’il représente font partie intégrante de l’ordre créé. Comme nous l’avons vu précédemment, on pensait qu’il était né du crachat de Neth (la personnification des eaux primordiales). Ce qui signifiait qu’Apophis faisait partie de la création depuis le tout début. Comme le souligne l’archéologue et philologue Christiane Zivie-Coche « dans cette vision particulière du monde, que je pense n’a pas de parallèle, le mal a été créé sous sa forme symbolique d’Apophis. Les failles travaillées dans le cosmos par la présence du mal n’étaient pas contraires à la volonté du dieu créateur. Et ce point de vue était une manière d’entériner mythiquement la réalité de ce monde et ses carences ».

Apophis et Seth

Bien que la théologie égyptienne considérait généralement Apophis comme la force ultime du mal, d’autres divinités venaient parfois occuper une place similaire vilipendée. L’un des plus notables était Seth, ancien patron des déserts et du Bas-Empire. Les Hyksos, après leur conquête de l’Égypte, vers 1650 avant notre ère, adoptèrent Seth comme principale divinité.

Étant donné que les groupes nationalistes détestaient ces seigneurs étrangers, ils diabolisèrent progressivement Seth. Au point qu’on le qualifia de dieu maléfique. En conséquence, il a finalement pris de nombreuses caractéristiques d’Apophis. Malgré ce développement, Seth n’a jamais entièrement remplacé Apophis. Probablement parce qu’on l’identifiait toujours comme l’un des défenseurs les plus puissants du Dieu Soleil lors de son voyage nocturne.

Les batailles d’Apophis contre Ra

Les récits des batailles nocturnes du soleil contre les forces des ténèbres, représentées par Apophis, ont été largement élaborés au cours de la période du Nouvel Empire (1550-1070 avant notre ère). Dans cette compréhension cosmologique, on pensait que le démon serpent résidait sous l’horizon, au cœur du Douât (monde souterrain). Certaines versions décrivent qu’Apophis attendait Ra, installé sur sa barge solaire, dans une montagne occidentale appelée Bakhu, où le soleil se couchait. Dans d’autres, Apophis se cachait juste avant l’aube, dans la Dixième région de la Nuit. Le large éventail de lieux possibles pour cette terrible bataille a valu à Apophis le titre d’Encercleur du Monde. Une épithète similaire à celui de Jormungandr, le Serpent de Midgard de la mythologie nordique.

Ra sur la barge du soleil affrontant Apophis dans le film Gods of Egypt.

Dans ces batailles, Apophis tente de transpercer les dieux présents aux côtés de Ra en utilisant son regard hypnotique puis cherche à les dévorer, tout en étouffant la rivière sur laquelle ils voyagent. Dans ses efforts, on pensait qu’une coterie de démons mineurs aidait Apophis. Ils devaient tous être tués ou chassés par les défenseurs du dieu. Heureusement pour Ra, il avait également l’aide de diverses divinités puissantes. Parmi eux, Seth (réputé pour sa puissance), Mehen (un dieu serpent), Serket (une déesse scorpion), Miysis (un dieu lion), Bast (une déesse aux traits félins), et Shou (la personnification de l’air). Ces mythes sont mieux explorés à travers le corpus textuel survivant, dont les récits sont longuement cités ci-dessous.

Apophis contre Ra dans le Livre des Portes

L’arrivée de Ra dans le royaume d’Apophis

La première partie de la nuit, lorsque le soleil a disparu au-delà de l’horizon, est décrite dans le Livre des Portes.

« Quand Ra passe et que la porte se ferme, les dieux l’extérieur lancent un gémissement, car ils doivent demeurer dans les ténèbres jusqu’à ce qu’il réapparaisse. Aussitôt que le dieu entre dans la division, quatre dieux du Douât apparaissent et s’emparent de l’amarre. Mais ils ne peuvent avancer tant que le chemin n’est pas dégagé pour eux. Les obstacles sur leur chemin prennent la forme de l’énorme serpent Apophis. Il y a également un grand crocodile dont la queue a la forme d’une tête et d’un cou de serpent. Le nom de ce dernier monstre est à la fois Seshsesh et Sessi. Ceux-ci ont pris leurs positions à la fin de la division, dans cette partie du Douât qui n’est pas très loin du lieu du lever du soleil. Une compagnie d’êtres apparaît au nom de Ra. Elle procède à l’élimination des monstres au moyen de paroles de pouvoir et de cérémonies magiques ».

« Après avoir pris leurs positions pour attaquer Apophis, les hommes avec les harpons actionnent la corde attachée à Ra. Les déesses et les singes secouent leurs filets au-dessus de leurs têtes et récitent leurs sorts. Les hommes qui connaissent les mots appropriés de pouvoir secouent leurs filets et récitent les formules qui auront pour effet de jeter Apophis et Sessi dans un état de stupéfaction où il sera facile de les abattre. Les sorts et les mots de pouvoir ont leur propre effet. Les monstres sont fascinés et tués, et le chemin de Ra est dégagé ».

Seth harponnant Apophis pour protéger le dieu soleil Ra sur la barque solaire - Illustration sur un papyrus du Livre des Morts
Seth harponnant Apophis pour protéger le dieu soleil Ra sur la barque solaire – Illustration sur un papyrus du Livre des Morts

La poursuite du voyage

Malgré le profil sinistre d’Apophis à l’horizon, la barque solaire, propulsée par les paroles magiques de l’hôte divin, navigue inexorablement vers l’avant :

« La majesté de ce grand dieu prend sa demeure dans la salle d’Osiris. Et la majesté de ce dieu adresse des paroles à la salle des dieux qui y habitent. Ce dieu accomplit tous les rites appropriés pour entrer dans cette salle. Et il avance sur son chemin contre Apophis au moyen de paroles de puissance d’Isis. Et au moyen des paroles de puissance du Dieu Souverain ».

La défaite d’Apophis

Lorsque les dieux assemblés descendent enfin sur le serpent venimeux, ils fondent sur lui dans un furieux déploiement :

« Ceux qui sont dans cette scène avec leurs armes à la main prennent leurs couteaux et hachent Apophis. Ils lui font des entailles et l’égorgent. Et ils plantent des pieux pour l’enchaîner dans les régions qui sont dans le niveau supérieur. Les chaînes du Rebelle sont entre les mains des Enfants d’Horus. Ils se tiennent menaçants devant ce dieu avec leurs chaînes entre leurs doigts. Ce dieu compte ses membres après que celui dont les bras sont cachés a ouvert la porte pour faire un chemin à Ra ».

Ensuite, Apophis est repoussé et son odieuse influence atténuée jusqu’à la reprise des hostilités la nuit suivante.

Apophis plus fort que Ra ?

Outre leur rôle dans la cosmologie mythique, certains de ces contes avaient aussi une fonction étiologique. En effet, les Égyptiens expliquèrent divers événements naturels en suggérant qu’il s’agissait de cas où Apophis avait brièvement pris le dessus dans la lutte titanesque. Par exemple, le grondement du tonnerre et les vibrations chthoniennes des tremblements de terre furent tous deux attribués aux coups d’Apophis. De plus, on pensait même que le reptile géant pouvait occasionnellement avaler Ra pendant la journée. Ce qui provoquait une éclipse solaire. Heureusement, les défenseurs de Ra étaient présents pour libérer le dieu. C’est pour cette raison que les éclipses ne duraient que quelques minutes.

Apophis était indestructible. Mais dans de nombreuses histoires, il est démembré, généralement par Ra sous la forme d’un félin. Dans un mythe, Ra sous la forme d’un grand chat combat Apophis. Il le décapite sous l’arbre sacré « la nuit où il a fait la guerre et chassé les rebelles ». Le Livre des Morts a prophétisé que la terre reviendra au Noun, au déluge sans fin comme il était au Commencement. Il n’y aurait pas de divinités ou de monstres, seulement Atoum-Ra, le Seigneur de Tout. Il prendrait sa manifestation finale en tant que serpent nageant à travers le grand océan primordial.

Apophis tué par Ra sous l'arbre sacré. Scène de la tombe d'Inherkhaou à Thèbes.
Apophis tué par Ra sous l’arbre sacré. Scène de la tombe d’Inherkhaou à Thèbes.

Destruction et renaissance d’Apophis

Les rituels quotidiens

Apophis représentait un obstacle démoniaque à la résurrection quotidienne du soleil. Ainsi, de nombreuses pratiques religieuses virent le jour dans le but précis de transcender son influence nocive. Les prêtres et les laïcs exécutaient ces rituels la nuit. Ils les aider à assurer la victoire de Ra dans lutte à mort contre les ténèbres.

On pratiquait également annuellement une version plus complexe de ce rite, intitulée Le Bannissement d’Apophis. Dans ce document, les prêtres construisent une effigie d’Apophis censée contenir tout le mal et les ténèbres d’Égypte. Ils la brûlent ensuite pour protéger le peuple de l’influence d’Apophis pendant l’année suivante.

Les rituels entourant Apophis se sont poursuivis tout au long de la période tardive. Durant cette période, ils semblent être pris plus au sérieux qu’ils ne l’étaient auparavant. La période romaine a également connu ces rituels. Ces derniers encourageaient la compréhension que les êtres humains jouaient un rôle important dans le fonctionnement de l’univers. Le soleil n’était pas seulement un objet impersonnel qui semblait se lever chaque matin et se coucher chaque soir. Il était imprégné de caractère et d’un but. C’était la barque du dieu solaire qui, tout au long de la journée, assurait la continuation de la vie. La nuit, il exigeait des prières et le soutien du peuple pour s’assurer qu’il verrait le lendemain.

Le Livre du Renversement d’Apophis

On consigna diverses autres procédures religieuses pour défendre le monde contre l’influence du serpent démon. Notamment dans un tome encyclopédique appelé le Livre du Renversement d’Apophis. Divisé en plusieurs chapitres, il décrit le processus graduel de déshonneur, de démembrement et de l’élimination du dragon, dont les chapitres suivants :

  • cracher sur Apophis
  • souiller Apophis avec le pied gauche
  • prendre une lance pour frapper Apophis
  • entraver Apophis
  • prendre un couteau pour frapper Apophis
  • mettre le feu à Apophis
Le Livre du Renversement d'Apophis extrait du papyrus Bremmer-Rhind, conservé au British Museum.
Le Livre du Renversement d’Apophis extrait du papyrus Bremmer-Rhind, conservé au British Museum.

En plus des histoires sur les défaites d’Apophis, ce guide contenait des instructions pour construire des modèles en cire (ou de petits dessins) du serpent. On devait les cacher, les mutiler ou les brûler, tandis que les participants aux rituels des sorts aidaient Ra.

Les rituels entourant le renversement d’Apophis représentaient la lutte éternelle entre le bien et le mal, l’ordre et le chaos, la lumière et les ténèbres. Ils reposaient sur l’attention et les efforts quotidiens des êtres humains pour réussir. L’humanité n’était donc pas seulement un récipiendaire passif des dons des dieux. Elle était une composante vitale du fonctionnement de l’univers.

Apophis et Satan

Les Égyptiens maintinrent cette compréhension et observèrent ces rituels jusqu’à la montée du christianisme au 4e siècle avant notre ère. À cette époque, les chrétiens remplacèrent l’ancien modèle d’humanité en tant que collaborateurs des dieux par un nouveau. Dans celui-ci, les êtres humains étaient des créatures déchues. Elle étaient indignes de leur divinité et entièrement dépendantes du fils de leur dieu et de son sacrifice pour leur salut.

Les hommes étaient désormais considérés comme les destinataires d’un cadeau qu’ils n’avaient pas mérité et qu’ils ne méritaient pas. Le soleil perdit sa personnalité et son objectif distincts pour devenir une autre des créations du dieu chrétien. Apophis, cependant, vivra dans l’iconographie et la mythologie chrétienne. On le fusionnera avec d’autres divinités telles que Seth et le serpent Sata. Il deviendra l’adversaire de Dieu, Satan, qui travailla également sans relâche pour renverser l’ordre divin et apporter le chaos.

Satan, le dragon rouge de l'Apocalypse, est une fusion d'Apophis, de Seth et d'autres divinités.
Satan, le dragon rouge de l’Apocalypse, est une fusion d’Apophis, de Seth et d’autres divinités préchrétiennes – Illustration de Rodney Matthews.

Les sorts et les talismans contre Apophis

La bataille entre Ra et Apophis se déroulait généralement à l’échelle cosmique. Mais on considérait également le serpent dragon comme un obstacle potentiel au succès du voyage posthume des âmes mortelles. Ainsi, la classe sacerdotale a créé divers sorts et talismans pour défendre les esprits des morts contre ses déprédations venimeuses.

La stèle magique d'Horus au MET de New York.
La stèle magique d’Horus au MET de New York.

Par exemple, le talisman Tête de serpent protégeait son porteur des attaques d’Apophis. Celui-ci, une fois tué, avait le pouvoir de prendre de nouvelles formes et obstruait le passage vers le monde céleste. De plus, le Livre des Morts suggère également que l’âme mortelle participe à la lutte titanesque contre les forces du mal sur son chemin vers le pays des morts :

« O puisses-tu être en paix avec moi. Puissé-je contempler tes beautés ; puissé-je avancer sur la terre. Puissé-je frapper l’âne ; puissé-je écraser le malin. Et puissé-je détruire Apophis en son heure… Que mon âme sorte et marche ici et là et où bon lui semble… sortie du dieu. Et puissé-je être reçu en présence d’Osiris au pays du triomphe ».

Les stèles magiques d’Horus présentent Horus enfant, surmontant des monstres dangereux. L’exemple le plus célèbre est la stèle de Metternich. Elle porte des inscriptions de sorts pour chasser des animaux dangereux et soigner leurs morsures et piqûres venimeuses. On croyait que le contact ou la consommation de l’eau versée sur la stèle pouvait absorber le pouvoir des mots et des images.

Lorsque les Ptolémées, dirigeants grecs des périodes récentes de l’Égypte ancienne, sont arrivés au pouvoir, ils ont soutenu plusieurs cultes, dont celui du taureau sacré Apis. Celui-ci vivait au temple de Ptah. Des rituels spéciaux ont été exécutés à l’occasion de la mort du taureau. Ils comprenaient la reconstitution du conflit et la victoire de Ra sur Apophis sur des bateaux voguant sur le lac près du temple de Ptah.

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